Si je vous dis : Les dents de la mer, Vertigo et Les Affranchis, seriez-vous capable d’identifier ce qui unit chacun de ces films? Je vous l’accorde ils partagent tous une séquence contenant ce qu’on appelle un travelling compensé (en même temps c’était dit dans le titre de cet article 😉). Je dis travelling compensé, mais on peut le trouver sous de nombreux noms comme : effet Vertigo, travelling contrarié, trans-trav, etc.

Mais c’est quoi exactement un travelling compensé ?

C’est bien beau de connaître son nom, mais ça nous avance pas beaucoup sur sa signification. Surtout que certains d’entre vous n’ont peut-être jamais vu les films que je viens de citer et ne voit vraiment pas de quoi il s’agit.

En fait c’est un effet cinématographique qui comme son nom l’indique est composé d’un travelling (avant ou arrière) qui sera compensé à l’aide d’un zoom (si on choisit de faire un travelling arrière, pour que l’effet fonctionne on devra zoomer pour compenser le travelling arrière). Le but étant que le sujet garde la même taille au sein du cadre, ce qui aura l’effet d’allonger ou de tasser le décor selon qu’il soit opéré vers l’avant ou l’arrière.

(Dans cette séquence de Les Affranchis, on remarque que l’effet produit un tassement sur l’arrière-plan tout en gardant le même cadrage des sujets)

Un peu d’histoires sur ce procédé cinématographique

Le travelling compensé apparaîtra un peu tard dans l’histoire du cinéma. C’est Hitchcock en 1958 qui sera le premier à l’utiliser dans son film Sueurs froides (Vertigo en Amérique) pour symboliser le vertige de Scottie (James Stewart). Il l’utilisera également plus tard dans Psychose et Pas de Printemps pour Marnie. Puis de grands noms du cinéma tel que Spielberg (Les dents de la mer), Peter Jackson (Le seigneur des anneaux) François Truffaut (Jules et Jim), etc. vont se le réapproprier à leur tour, rendant ce procédé cinématographique plus célèbre que jamais.

(Séquence de l’effet Vertigo dans le film Sueurs froides d’Hitchcock)

Pourquoi l’utiliser ?

Quand il est bien opérait, cet effet est censé retranscrire des émotions tel que le vertige, la peur, le malaise, la panique et bien d’autres encore. Mais malheureusement au même titre que Le cri de Wilhelm , ce procédé cinématographique sera surutilisé, ce qui le rend maintenant un peu cliché. C’est d’ailleurs pour ça qu’aujourd’hui les réalisateurs s’en servent en général de manière parodique.

 

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